2ème baromètre financier Watt’s Next Conseil : la transformation des business models est engagée

L’activité des énergéticiens a été soutenue par un effet volume.
La consommation d’électricité a progressé de 1 % en Europe (- 1,5 % en 2014) et la consommation de gaz naturel a bondi d’environ 4 % (- 10 % en 2014). Pour les fournisseurs de gaz naturel, c’est une bouffée d’air après la chute des ventes de ces dernières années.

En revanche, l’effet prix a été globalement défavorable. Les prix du gaz naturel pour les
contrats de long terme à la frontière allemande ont chuté de 13 % alors que les prix spot ont baissé d’environ 6 %. Quant aux prix de gros de l’électricité, le bilan est contrasté. Les prix spot se sont redressés en France (+ 11,2 % en moyenne), en Belgique (+ 9,5 %) ou encore au Royaume-Uni (+ 6,7 %), mais ils ont baissé aux Pays-Bas (- 2,8 %), en Allemagne (- 3,6 %) et se sont effondrés sur le Nord Pool (- 29,1 %) pour atteindre 21 euros / MWh en moyenne sur l’exercice. Plus significatif encore, les prix à terme de l’électricité (sur lesquels reposent les offres commerciales proposées aux clients) se sont effondrés.

C’est dans cet environnement peu porteur que se débattent les énergéticiens européens. L’exercice 2015 est dans la triste continuité des précédents. Le taux de marge brute (EBITDA / CA) du secteur a encore diminué pour atteindre 16,1 % en moyenne (- 0,6 point par rapport à 2014) malgré les programmes de réduction des coûts. Pire encore, le secteur affiche une perte nette globale de 3,5 milliards d’euros pour la première fois. 12 des 25 énergéticiens européens ont ainsi enregistré des pertes nettes au cours de l’exercice. Les lourdes dépréciations (43 milliards d’euros en tout) reflétant les pertes de valeur des activités fossiles en sont à l’origine. La valorisation boursière du secteur en souffre fortement. Les 20 groupes cotés affichent une capitalisation boursière de 264 milliards d’euros (valeur au 16 mai 2016), à peine 2,5 fois l’EBITDA. 79 milliards d’euros sont ainsi partis en fumée par rapport à notre 1er baromètre (valorisation au 1er
juin 2015).Seul motif de satisfaction pour le secteur : la réduction de l’endettement (- 18 % en cinq ans). Les 25 restent, toutefois, endettés à hauteur de 260 milliards d’euros.

La situation est délicate pour de nombreux énergéticiens et les mesures d’économies ne suffisent plus. L’étape suivante est la transformation du business model avec le désengagement des activités fossiles pour se concentrer sur les énergies renouvelables. Les réseaux et les solutions clients sont les deux autres terrains de jeux privilégiés. L’objectif est de réduire l’exposition aux marchés de gros en dopant la contribution des activités régulées et des contracted assets.