EDF, de loin le premier électro-gazier européen

Les vingt premiers électro-gaziers européens ont réalisé un chiffre d’affaires cumulé de près de 773 milliards d’euros l’an dernier. Il est en repli de 2%. Cette baisse touche la majorité des acteurs : 12 des 20 groupes ont enregistré un recul de leurs revenus. Le phénomène s’explique principalement par un effet prix négatif. Les effets de l’envolée des prix lors de la crise énergétiques se sont quasiment complètement estompés désormais.

Peu de changements dans le top 5

EDF caracole toujours largement en tête du palmarès des électro-gaziers européens. Le groupe français a repris la tête à l’allemand Uniper en 2023 et ne la lâche plus. Sa position de leader incontesté de la production d’électricité avec 515 TWh dans le monde l’an dernier lui assure une avance confortable sur ses concurrents directs, à savoir Engie avec 219 TWh et l’italien Enel avec 186 TWh. Le top 5 a peu évolué l’an dernier, le seul changement étant que la 2ème position est revenue à Enel au détriment de l’allemand E.ON. Uniper reste cinquième, mais au rythme de sa plongée, le groupe allemand pourrait être exclu du top 5. Rappelons qu’en 2022, il affichait un chiffre d’affaires de plus de 274 milliards d’euros. Cet apogée a aussi été le début de sa descente en enfer, sauvé de la faillite par sa nationalisation par l’état Allemand (au cours de l’exercice 2022, Uniper a affiché des pertes abyssales à la suite de l’arrêt des livraisons de gaz russe). Le gouvernement allemand a d’ailleurs annoncé en mai 2026 son processus de sortie du capital d’Uniper.

Au-delà, du top 5, les changements sont également limités. RWE continue toutefois à perdre du terrain avec un chiffre d’affaires en chute de 27% l’an dernier en raison d’un changement de méthode comptable impactant l’activité de trading (les achats-ventes d’énergie ne sont plus comptabilisés en chiffre d’affaires).

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Electro-gazier vs pétro-gazier, deux modèles historiques différents

Le modèle de l’électro-gazier correspond à des groupes tels que EDF et Engie, intégrés sur la chaîne de valeur de l’électricité et présents dans l’aval gazier.

Le modèle pétro-gazier, TotalEnergies par exemple, repose sur l’intégration de la chaîne de valeur du pétrole (production, raffinage, distribution de produits pétroliers) et l’amont de la chaîne de valeur du gaz (production, GNL…). L’électricité est, en revanche, une diversification plus ou moins récente des pétro-gaziers.

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BP place sa division Gas & Low Carbon Energy en 9ème position, une performance très solide. Cette division intègre toutefois la production de gaz naturel, une activité historique des pétro-gaziers, mais que ne pratiquent pas ou plus les électro-gaziers. Les divisions des trois autres pétro-gaziers ont, en revanche, des portefeuilles d’activités plus proches des électro-gaziers historiques. Deux constats s’imposent donc. Premièrement, ces divisions atteignent des tailles très respectables. La division Integrated Power de TotalEnergies, par exemple, devance EDP et est au coude à coude avec RWE. Le deuxième constat est que ces divisions représentent un poids encore limité chez les pétro-gaziers (20% pour BP, 13% pour Shell, 12% pour ENI et 10% pour TotalEnergies). Le virage, au moins partiel, vers l’électricité est en cours, mais il est naturellement progressif.

Le chiffre d’affaires et la croissance sont des indicateurs intéressants, mais le nerf de la guerre, c’est la marge. On vous en parle prochainement.

 

 

 

 

 

 

 

 

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